Michel Cymes : le port du soutien-gorge pendant le sport est-il mauvais pour les femmes ?

Dans la série les études se contredisent : alors que nous étions des convaincus du soutien-gorge, des études suggèrent désormais que les femmes pourraient laisser leurs brassières aux vestiaires pour faire du sport, y compris pour courir.

Oui, deux études disent l’inverse de ce que j’ai toujours pensé. Mais vous connaissez l’adage : il n’y a que les imbéciles qui changent d’avis trop souvent, c’est pas ça ? Donc, oui, le sport en général, la course à pied en particulier, ne feraient pas tomber les seins. Et ne pas porter de soutien-gorge permettrait même aux seins de se raffermir, voire de remonter.

Derrière cette affirmation, on retrouve l'expertise du docteur Jean-Denis Rouillon, médecin du sport au CHRU de Besançon et Professeur à l’université de Franche-Comté. Depuis 1997, il étudie les bienfaits du soutien-gorge sur les seins. 25 ans d’observation de poitrines pour en arriver à la conclusion que moins on soutient le sein, plus il est solide, ferme et haut.

Ce médecin fondre les résultats de son étude sur l'observation de 640 seins. Il a suivi 320 femmes âgées de 18 à 35 ans. Et voilà ce qu’il a observé chez les femmes qui ne portaient jamais de soutien-gorge :

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- Le mamelon des seins pouvait remonter de sept millimètres en un an, en moyenne, par rapport à l’épaule.- Les seins s’étaient raffermis.- Les vergetures s’étaient estompées.

La taille du bonnet entre-t-elle en considération ?

Michel Cymes : le port du soutien-gorge pendant le sport est-il mauvais pour les femmes ?

Quelle a été son hypothèse pour expliquer tout ça ? Il met quand même au rancard les effets connus de l’apesanteur.

D’après le Dr Rouillon, l’appareil suspenseur des seins, tous ces ligaments situés sur le haut de la poitrine, ne travaille pas suffisamment après des années de soutien. Du coup, les ligaments finissent par ne plus rien tenir du tout. Et l’apesanteur finit par gagner la partie.

Ces résultats ne seraient-ils pas aussi dépendants de la taille du bonnet ? Eh bien non, ça ne change pas grand-chose d’après le docteur Laëtitia Pierrot. Dès 2003, elle faisait la même analyse après avoir suivi 33 femmes de 18 à 25 ans pendant un an. Cette jeune thésarde avait poussé un poil plus loin la logique en prenant dans sa cohorte des jeunes femmes qui avaient un bonnet B ou C.

Et là, non seulement 12 % des femmes n’avaient remarqué aucun changement esthétique de leur poitrine, mais 88 % d’entre elles observaient même, plutôt, une hausse du mamelon.

On a aussi fait un lien entre mal de dos et le soutien de la poitrine. Oui : sans soutien-gorge les femmes ont plutôt tendance à se tenir bien droite, d’abord pour équilibrer le poids entre l’avant et l’arrière du corps, ensuite pour harmoniser leur silhouette.

Alors que les femmes qui portent des soutien-gorge ne sentent plus vraiment leurs seins et donc elles ont tendance à ne pas chercher cette posture bien droite, épaules en arrières… elles arrondissent leur dos, donc elles s’exposent au mal de dos.

Pour certaines, c'est un vrai confort

Alors, que doivent faire toutes les femmes qui nous écoutent ? Vous voulez l’savoir ? Et bien, je vais vous le dire.Mesdames, tenez compte de votre morphologie et de vos habitudes. Et si vous voulez continuer à porter votre soutien-gorge, ne culpabilisez pas. Pour certaines d’entre vous, c’est un vrai confort, et puis vous pouvez y caler plein de choses en courant : un peu d’argent, le capteur de votre cardio-fréquencemètre, une clé, ou votre MP3.

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